Le Blog de l'Eau

Nous l’évoquions dans un billet paru fin avril : l’eau virtuelle est la quantité d’eau « cachée » derrière chacun des produits de consommation. Timm Kekeritz, designer allemand, a choisi d’illustrer les travaux de MM. Chapagain et Hoekstra intitulés Water footprints of nations.

En rendant plus digeste l’article de 47 pages des deux chercheurs, Timm Kekeritz a vu ses créations reprises par les médias : sur un site dédié, il est possible de les voir et – depuis peu – de télécharger une application iPhone permettant de calculer l’eau contenue dans tout type de produit et d’obtenir des précisions sur le sujet.

Une façon originale de faire connaître le concept de l’eau virtuelle – et plus largement de diffuser les savoirs sur l’eau-, saluée par la presse du monde entier.

Inventée il y a une quinzaine d’années, l’eau virtuelle permet d’améliorer la gestion des ressources en eau à l’échelle mondiale.

Nous devons le concept de l’eau virtuelle à John Anthony Allan. Ce britannique de 71 ans, professeur au King’s College of London, a été lauréat du prix de l’eau de Stockholm en 2008 pour ses travaux sur l’eau, l’agriculture et leurs relations avec la politique et l’économie.

Alors, comment définir l’eau virtuelle ? Elle représente la quantité d’eau nécessaire à la fabrication et l’échange de biens de consommations. Pour n’importe quel produit – du blé à la viande de bœuf – il est possible d’estimer la quantité d’eau nécessaire à chaque étape de sa production. Défini dans les années 1990, le principe de l’eau virtuelle nous apprend qu’il faut 1 400 litres d’eau pour obtenir un kilo de riz, 2 700 pour un kilo d’œufs et 20 000 pour un kilo de café torréfié.

Or, l’eau virtuelle ne se contente pas de fournir des ordres de grandeur. A l’échelle d’un pays, la quantité d’eau nécessaire à la production de denrées aussi usuelles que le blé est gigantesque. Certaines régions arides de notre planète ne peuvent consacrer autant d’eau à leurs cultures ; elles privilégient donc l’importation des produits trop gourmands en eau et évitent certaines exportations.

In fine, l’eau virtuelle est en quelque sorte l’équivalent liquide de l’empreinte carbone. Elle permet de mieux appréhender à l’échelle planétaire les évolutions des consommations et des besoins en eau, ainsi que les menaces pesant sur la ressource.