Le contrôle de la potabilité de l’eau du robinet
L’eau potable est le produit alimentaire le plus surveillé en France. Des milliers de contrôles sont faits chaque jour (par l’Etat, les collectivités et les opérateurs) pour garantir aux français une eau saine.
Ces contrôles consistent à vérifier si les propriétés physiques, chimiques et bactériologiques de l’eau sont sans danger pour la santé : les composants de l’eau du robinet doivent ainsi rester dans des proportions conformes aux normes de potabilité, qui sont extrêmement drastiques et très largement inférieures aux seuils pouvant présenter un risque pour la santé.
Que se passe-t-il en cas de « contrôle positif » ?
Lorsqu’un ou plusieurs paramètres se rapprochent des seuils ou les dépassent, les autorités sanitaires, la collectivité et l’opérateur (public ou privé) du service d’eau sont en alerte :
- D’une façon générale, si l’eau ne répond plus aux normes de potabilité, l’opérateur et les autorités locales informent la population par tous les moyens appropriés (campagnes d’appels téléphoniques, tournées des agents, affichages, etc) des restrictions de consommation de l’eau du robinet ; ils mettent en place des actions correctives pour résoudre le problème ainsi que des solutions de substitutions pour l’alimentation en eau.
- Dans de rares cas particuliers, lors de dépassement épisodiques et/ou marginaux des seuils n’entraînant pas de risque pour la santé, la distribution d’eau peut se poursuivre pendant la mise en place des actions correctives, avec l’autorisation des autorités sanitaires.
Le dépassement à un instant T d’une norme de potabilité ne signifie pas forcément risque pour la santé : ainsi, certaines eaux en bouteille ne répondent pas aux normes de potabilité françaises (on ne pourrait donc pas les distribuer au robinet !), mais sont néanmoins sans risque.
En fait, ces normes sont drastiques afin de garder un « matelas de sécurité » entre l’alerte et le risque avéré, ce qui permet de mettre en œuvre les solutions techniques, en conciliant sécurité sanitaire et garantie d’approvisionnement pour la population.
Mais que contient l’eau du robinet ?
Au-delà des molécules d’hydrogène et d’oxygène, l’eau contient des centaines de composants en doses infinitésimales (comme dans l’air, la terre, ou encore les aliments que nous mangeons chaque jour).
Cela est lié à la nature des sols et des roches que l’eau qu’elle a traversée. C’est cette minéralisation qui lui donne son goût et sa saveur propres, les teneurs en sels minéraux et en oligo-éléments variant selon les régions :
- Des oligo-éléments : un oligo-élément est un élément chimique, métal ou métalloïde, présent en très faible quantité et généralement indispensable au métabolisme (ex. : sodium, potassium, calcium, fluor…).
- Des sels minéraux : ce sont des composés chimiques constitués de matière inorganique (ex. : bicarbonates, sulfates, chlorures, nitrates…). Notre corps en a également besoin.
- Du calcaire : L’eau calcaire participe à l’apport journalier en calcium dont l’organisme a besoin. Il permet la solidification des os, le fonctionnement des muscles, la transmission de l’influx nerveux et le processus de coagulation du sang. Le calcaire n’est rien d’autre que du calcium (carbonate de calcium) auquel s’ajoute du carbonate de magnésium, éléments nécessaires au bon fonctionnement du corps.
Mais aussi nitrates, pesticides, aluminium, radioactivité…l’eau du robinet est-elle chargée de tous les maux ?
Au-delà des oligo-éléments et sels minéraux, l’eau du robinet contient des dizaines d’autres substances, dont la quantité est également surveillée en permanence. Mais il ne faut pas confondre « présence de substances » et « pollution », ou encore danger pour la santé…Ainsi, les nitrates sont utiles à notre corps : en faible qualité, ils sont diurétiques. Mais à forte concentration, ils peuvent être néfastes. Tout est donc question de dose dans l’eau du robinet.
Mais au-delà des concentrations qui sont surveillées en permanence, il ne faut pas oublier que l’eau de boisson ne constitue qu’un apport marginal de ces substances par rapport à notre environnement, qu’il s’agisse de l’air, de nos maisons, des aliments, de la terre ou de la nature.
Par exemple, l’aluminium est un élément naturel que l’on retrouve dans tous les sols, les plantes, et les tissus animaux. Il est donc tout à fait normal que l’on en retrouve des traces dans l’eau. Néanmoins, 95% des apports en sels d’aluminium proviennent des aliments que nous mangeons.
L’eau du robinet n’a donc qu’un impact marginal sur l’apport d’aluminium dans l’organisme. Même remarque pour les pesticides, dont l’apport dans l’organisme est essentiellement véhiculé par l’alimentation, notamment les fruits et légumes.
Alors, doit-on avoir peur de l’eau du robinet en France?
Bien sûr que non ! Répétons-le : dans notre pays, l’eau du robinet est le produit alimentaire le plus contrôlé. Au moins 54 paramètres sont suivis soit de façon automatique, soit par des analyses régulières. Ces analyses sont effectuées par les DDASS (Directions départementales des affaires sanitaires et sociales), par les collectivités et les opérateurs. Enfin, les entreprises privées assurant la distribution de l’eau pour le compte des collectivités réalisent des analyses encore plus poussées afin d’offrir les meilleures garanties de sécurité sanitaire à la population.