Le Blog de l'Eau

Une première dans l’histoire de l’humanité : à l’heure où nous passons à 7 milliards d’habitants, près de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui en ville, soit 3,3 milliards d’urbains. Cette urbanisation galopante pose de nouveaux défis en termes d’accès à l’eau et à l’assainissement, de protection de la ressource et de prévention des risques. Ainsi, comme l’ont rappelé Jean-François LE GRAND et Jean GAUBERT, Co-Présidents du Cercle Français de l’Eau en ouverture du colloque Réinventer l’eau dans la ville qui s’est tenu à l’Assemblée nationale le 2 novembre, l’eau dans la ville est à la fois un risque à maîtriser, une ressource à préserver, et un vecteur de qualité de vie.

Selon Gérard PAYEN, Conseiller pour l’eau et pour l’assainissement du Secrétaire général des Nations unies, le nombre de personnes sans accès à l’eau potable ou à l’assainissement en ville continue de croître, malgré les efforts de la communauté internationale qui sont rattrapés par l’augmentation de la population : + 114 millions de personnes sans accès à un robinet d’eau entre 2000 et 2008, et + 134 sans assainissement de base (toilettes).
Il y a parallèlement urgence à agir simultanément sur les villes et les campagnes afin de ne pas séparer et opposer les territoires, comme l’a rappelé Guy FRADIN, Vice-Président du Comité international du 6ème Forum mondial de l’eau. Mis en avant par l’ensemble des intervenants il ne s’agit pas d’un problème financier, technique ou de pénurie d’eau, mais d’un manque de volonté politique et de gouvernance.

Pour combler ces lacunes, le rôle des autorités publiques locales est central : la gestion de l’eau est avant tout un problème local, et la connaissance du territoire est essentielle.

Au-delà du financement du « petit cycle de l’eau » (captage, traitement, transport de l’eau potable, récupération, et dépollution des eaux usées), les élus de la ville du futur doivent penser au financement du « grand cycle de l’eau ». Cette dimension écologique a un coût qu’il faudra croiser avec une politique sociale car le consommateur ne pourra pas tout payer, comme l’a fait remarquer Maurice OUZOULIAS, Président du Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération parisienne (SIAAP). Face aux exigences européennes, l’évolution du modèle de financement du service de l’eau s’impose.

Pour ce faire, tous les acteurs, publics comme privés, ont un rôle à jouer, a insisté Raymond LANNUZEL, Vice-président de Nantes Métropole. Eric LESUEUR, au nom de la Fédération Professionnelle des entreprises de l’eau, a d’ailleurs montré que les opérateurs privés ont toute leur place dans l’accompagnement des collectivités locales par de nouvelles approches transversales :

  • SAUR, pour la Communauté de communes de Parthenay (Deux-Sèvres), récupère l’eau d’un centre aquatique pour le nettoyage des chaussées et l’arrosage des espaces verts
  • Lyonnaise des Eaux a réhabilité des plans d’eau à Bordeaux, initialement prévus pour la lutte contre les inondations, à la fois en améliorant leur capacité de stockage et en travaillant leur mise en valeur paysagère afin d’intégrer de nouvelles contraintes d’une fréquentation par le public
  • Veolia Environnement travaille avec le Grand Lyon sur la réduction de l’impact des ilots de chaleur urbains grâce au pouvoir rafraichissant de l’eau. Une campagne de mesures couplée à une modélisation mathématique permet d’élaborer des solutions, comme il en existe déjà au Japon.

Les mutations engendrées par le changement climatique nécessitent en effet désormais de penser la ville autrement. L’eau dans la ville ne doit plus seulement être considérée comme un simple flux, mais elle doit être pensée comme un élément structurant, et composante élémentaire de l’aménagement urbain.

Le sixième Forum de l’Eau à Marseille en mars prochain, qui a pour ambition d’être le forum des solutions, sera l’occasion d’un regard mondialisé sur ces initiatives, a insisté André FLAJOLET, Député et Commissaire du 6ème Forum mondial de l’eau, pour permettre la concrétisation de ce droit de l’homme qu’est le droit à l’eau et à l’assainissement.

Selon le dernier baromètre du Centre d’information sur l’Eau, 87% des Français sont satisfaits du service de l’eau, un niveau de satisfaction jamais atteint, en progression constante depuis 2006.
Une satisfaction nourrie par l’image dynamique, moderne et efficiente dont bénéficient les entreprises de l’eau : 75% des Français les jugent en effet très compétentes au niveau technique et les deux tiers à l’avant-garde des technologies.

  • Une confiance dans l’eau du robinet

Malgré un climat de défiance généralisé dans l’opinion par rapport aux sujets d’actualité, 79% des sondés se déclarent satisfaits de la qualité de l’eau  à leur domicile (+3 depuis 2006), et 80% lui font confiance.
Une confiance qui repose sur le fait que l’eau du robinet est le produit alimentaire le mieux contrôlé en France. Une grande majorité d’entre eux fait confiance aux entreprises de l’eau (79%) comme aux autorités sanitaires (89%) pour effectuer ces contrôles.

  • Un prix du m3 d’eau potable toujours perçu comme plus cher que la réalité

Dans un contexte de crise économique où le pouvoir d’achat est au cœur des inquiétudes des Français, l’eau du robinet est perçue comme chère (62%). Pourtant ce sentiment est corrélé à une méconnaissance du prix. Très peu de Français connaissent en effet le prix moyen du m3 d’eau : seulement 35% citent un montant, et la plupart doublent le montant réel (6,4€ au lieu de 3,24€ le m3). De même, près de la moitié pensent dépenser plus pour l’eau que pour le téléphone alors que le montant annuel d’une facture d’eau représente 0,8% du budget d’un ménage contre 2,4% pour les télécommunications et 3,8% pour l’électricité et le gaz.

  • La pédagogie sur l’eau : des efforts à poursuivre pour réduire les idées reçues et répondre à la soif d’information

Pour lutter contre ces idées reçues, la question de l’information demeure centrale. Si les Français se déclarent mieux informés que les années précédentes, 53% estiment encore manquer d’information. Les thèmes relatifs à la qualité arrivent au premier rang des sujets sur lesquels ils souhaitent être informés : 57% sur les contrôles, 52% sur les normes… et 37% sur les éléments qui constituent le prix de l’eau, ce qui place cet item au 5ème rang de leurs attentes d’information.

Retrouvez l’essentiel du baromètre sur le site du CIEau à l’adresse suivante :
http://www.cieau.com/a-la-une/actualites/221-barometre-tns-sofres-les-francais-et-l-eau

Évènement annuel, la semaine mondiale de l’eau à Stockholm s’est tenue du 21 au 27 août dernier et a réuni plus de 2500 spécialistes internationaux à l’initiative du Stockholm International Water Institute (SIWI), autour des défis posés par l’urbanisation galopante.

Plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui dans les villes, contre à peine un tiers il y a 50 ans, et ce pourcentage devrait s’élever à plus de 70% en 2050. Cette urbanisation croissante appelle à une gestion intelligente de l’eau et à investir dans les infrastructures afin que chacun puisse avoir accès  à une eau potable saine et à un assainissement de qualité. Défi conséquent : pour subvenir aux besoins des villes, il faudra accroître la production agricole, mais aussi énergétique, elles-mêmes grandes consommatrices d’eau. Eau et développement sont intrinsèquement liés : l’absence d’eau entraîne pénurie alimentaire et pénalise la production d’énergie ; mais l’eau sale vecteur de maladies hydriques mortelles (malaria, cholera, diarrhées) est encore plus dangereuse.

La semaine d’échanges est venue confirmer que l’accès à l’eau concerne aussi bien la santé que la croissance économique. La déclaration finale réaffirme ainsi le rôle moteur de l’eau pour construire les bases d’une économie verte. Elle insiste sur la nécessité de conduire des politiques d’aménagement coordonnées de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation pour un développement sain et durable. Elle appelle à ce que la question de l’eau soit placée au cœur de la conférence des Nations Unies sur le développement durable en 2012 (Rio +20).
5 objectifs sont ainsi proposés à Rio +20 (à atteindre d’ici 2020) :

  • Amélioration de 20% de l’efficacité de la chaîne alimentaire pour réduire les pertes entre les champs et l’assiette
  • Augmentation de 20% de la productivité en agriculture par goutte d’eau
  • Accroissement de 20% de kwh produit en énergie par une goutte d’eau
  • Hausse de 20% de la réutilisation d’eaux traitées
  • Diminution de 20% de la pollution des ressources

-   Escherica coli, une bactérie intestinale aux multiples visages

La bactérie Escherichia coli, plus connue sous son abréviation E. coli, est une bactérie qui fait partie de la flore intestinale des mammifères, et très commune chez l’homme (80% de sa flore intestinale normale). La plupart du temps, elle n’entraine pas de pathologies ou seulement des maux pénibles mais sans dangers mortels, comme des diarrhées ou des cystites. Parfois, certaines sont plus graves et provoquent des hémorragies intestinales. L’épidémie qui a sévie récemment en Allemagne et dans une moindre mesure en France, est due à une variante d’Escherichia coli très rare, la souche 0104.

-  Comment E.Coli104 a-t-elle pu contaminer des aliments et les hommes ?

Différentes études montrent aujourd’hui que la consommation de steaks hachés infectés ou de graines germées crues sont à l’origine de la dernière épidémie. Les végétaux, comme les graines germées crues, peuvent être contaminés lors de l’épandage de fumier animal à des fins de fertilisation, ou lors de leur irrigation avec une eau brute qui aurait été contaminée. La contamination peut aussi se produire lors de la préparation des aliments, soit par contact avec un aliment souillé, soit du fait d’une mauvaise hygiène des mains ou des ustensiles utilisés. La contamination d’aliments d’origine animale, comme les steaks hachés, peut intervenir à l’abattoir ou lors de la traite lorsque les règles d’hygiène ne sont pas respectées.

-   Comment se protéger ?

En adoptant et en suivant les règles d’hygiène de base : se laver les mains avant de cuisiner (et de manger) et après avoir été aux toilettes ; nettoyer, éplucher ou cuire les fruits et légumes avant consommation ; rincer et savonner les couverts et plats ayant servis à cuisiner, désinfecter les surfaces (dont les réfrigérateurs) ayant été en contact avec des aliments. Dans tous les cas la cuisson élimine toutes les bactéries E.coli, quel que soit leur type.

-   Les entreprises de l’eau mobilisées sur les contrôles de la qualité de l’eau potable

L’eau en France fait l’objet d’une surveillance microbiologique fondée notamment sur l’absence de germes d’origine fécale. Tout au long de son parcours, de l’usine où elle est traitée jusqu’à votre robinet, l’eau est contrôlée : 54 paramètres sont suivis en permanence. Les normes établies sont inférieures aux seuils de risques pouvant représenter un danger pour l’homme ; l’eau potable ne doit pas contenir de micro-organismes ou de substances à des concentrations constituant un danger pour la santé. Enfin, pour sécuriser sa distribution, l’eau est chlorée afin d’éviter toute contamination pendant son transport. Au final, l’eau potable est le produit alimentaire le plus contrôlé en France.

De plus, l’eau des sites de baignade est contrôlée par les services de l’Etat et par les opérateurs privés qui se sont vus confier cette mission. Qu’il s’agisse d’eau potable ou d’eau de baignade, les entreprises de l’eau peuvent réagir immédiatement en cas de crise pour que la santé de la population ne soit pas en risque.

Après le printemps le plus chaud et le plus sec depuis le début du XXème siècle, la France a vécu un mois de juillet particulièrement pluvieux. Une eau tombée du ciel qui vient redonner des idées à certains : la récupérer pour pallier à des manques d’eau locaux et ponctuels.

Une solution alternative pour les usages industriels ou d’irrigation…

L’eau de pluie est une alternative dont l’utilisation protège les ressources en limitant les prélèvements. L’eau récupérée, en général par le biais des toitures, est ensuite stockée dans une cuve au lieu d’être redirigée vers le réseau d’assainissement. Elle peut être utilisée sans risque pour les usages industriels qui ne nécessitent pas d’eau potable, comme par Renault dans son usine de Maubeuge pour la chaîne de fabrication de ses véhicules, ou encore l’aéroport d’Orly pour son circuit de climatisation.

… qui requière une vigilance accrue pour les usages domestiques

Mais contrairement à une idée reçue, l’eau de pluie n’est pas pure : elle est impropre à la consommation. Se chargeant de particules au contact de l’air et au contact des sols et des revêtements sur lesquels elle ruisselle, elle est polluée et vecteur de maladies. C’est pour éviter tout risque de contamination que les autorités sanitaires françaises ont longtemps limité son utilisation aux usages domestiques extérieurs à la maison comme l’arrosage ou le nettoyage des véhicules. La Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006 (la LEMA) a ouvert la voie à une utilisation plus large, y compris à certains usages intérieurs (lavage des sols, évacuation des WC) ; mais la Direction Générale de la Santé déconseille toujours vivement de récupérer l’eau de pluie pour tout usage en contact direct avec le corps humain (usages alimentaires, hygiène corporelle, douche, machine à laver….).

Récupérer et traiter l’eau de pluie ne se limite pas à la simple mise en place d’une cuve à la sortie d’une gouttière : c’est une technologie qui nécessite une vigilance permanente et une expertise technique.