Extraits du rapport d’évaluation du Grenelle de l’Environnement – Octobre 2010 (Nicole Notat, Alain Grimfeld, Jean Jouzel, Bruno Gazeau, Alain Liebard, Philippe Pelletier, Jean-François Legrand, et la société Ernst&Young)
Les projets partenariaux de R&D et d’innovation, associant acteurs publics et entreprises, accordent déjà une place croissance aux technologies vertes, que le grand emprunt viendra encore renforcer
« Les entreprises s’impliquent très fortement et rapidement pour le développement et la maîtrise de ces technologies, identifiées comme stratégiques en terme de compétitivité future.
Un appel à candidatures a été lancé en 2009 par le gouvernement pour la création de nouveaux pôles de compétitivité, appel orienté par l’État exclusivement vers le développement des écotechnologies et la prise en compte du développement durable. Six nouveaux pôles ont été retenus, dans les domaines de l’eau, de la capture et du stockage du CO2, du bâtiment, des déchets et des sols, et renforcent ainsi la mobilisation des acteurs pour des projets d’innovation verts.
Au-delà du nombre de pôles de compétitivité (30 pôles sur 71) pour lesquels les technologies « vertes» font aujourd’hui partie de la feuille de route, la progression du nombre et du volume de projets de R&D et d’innovation portés par les pôles et répondant à des enjeux de développement durable a été extrêmement rapide (y compris pour des pôles non spécialisés sur ces technologies). Cette rupture a suivi le Grenelle de l’Environnement, et se confirme aujourd’hui : la part du budget consacrée par les pôles de compétitivité (tous pôles confondus) aux projets de développement durable est passée de 12% à 30% en trois ans.
L’enjeu de la mutation des activités industrielles et économiques, s’appuyant notamment sur la R&D et l’innovation, fait aujourd’hui l’objet de concertations actives associant le MEEDDM, le MEIE et les acteurs industriels des différentes filières, afin d’accélérer le développement de 18 filières industrielles « vertes » identifiées comme stratégiques. Ces filières répondent en effet à des objectifs de réductions de émissions de gaz à effet de serre, de meilleure efficacité énergétique et de réduction des pollutions, ou de gestion économe des ressources (eau, chimie, déchets, métrologie, …). Sur ces filières, le travail engagé aujourd’hui par l’État vise notamment à préciser les verrous et orienter les moyens sur les différents leviers disponibles (R&D et innovation, mais aussi stimulation de la demande, formation, normalisation, …). »
La « gouvernance à cinq », un exercice réussi de démocratie participative
« L’une des principales réalisations du Grenelle réside sans doute dans la méthode innovante de dialogue qui a été mise en œuvre pour construire une vision partagée et conduire le changement. De manière inédite à cette échelle, le Grenelle de l’Environnement s’est appuyé sur un processus consultatif rassemblant sur une base égalitaire tous les acteurs concernés par la protection de l’environnement, regroupés en cinq collèges : l’État, les collectivités territoriales, les entreprises, les syndicats de salariés, les associations de protection de la nature. Le temps accordé aux parties prenantes pour conduire un débat constructif et pour négocier les propositions élaborées a également favorisé l’adhésion d’un grand nombre d’acteurs au projet de société porté par le Grenelle. »




