Le Blog de l'Eau

Boire un verre d’eau du robinet, un geste si simple en France. Et pourtant…
Derrière votre robinet, l’eau potable fait l’objet de tant de soins et de contrôles chaque jour !

Bien souvent, une confusion est entretenue dans l’esprit des consommateurs entre la « qualité » de l’eau de la ressource et la qualité de l’eau potable distribuée à votre robinet.

Pour devenir potable, l’eau subit des traitements appropriés et fait l’objet de contrôles sanitaires permanents. Ces contrôles répondent à des normes de potabilité extrêmement sévères, qui sont définies par le Code de la Santé Publique.

De nombreux contrôles réalisés par les Agences Régionales de Santé
et un dispositif de surveillance complémentaire par les entreprises de l’eau

Dans chaque usine et en différents points du réseau de distribution, des prélèvements réguliers sont effectués puis analysés en laboratoire. De plus, de nombreux capteurs permettent d’analyser en continu la qualité de l’eau et de déclencher automatiquement l’alerte en cas d’anomalie.

Les contrôles officiels réglementaires sont réalisés par les services du Ministère de la Santé, les Agences Régionales de Santé (ARS), qui effectuent environ, chaque année, 11 millions d’analyses* sur l’ensemble des services d’eau et d’assainissement.

Pour renforcer encore cette surveillance, 6,6 millions d’analyses complémentaires sont réalisées sur la qualité de l’eau par les entreprises, dans le cadre de leur délégation de service public. Les entreprises de l’eau sont dotées, pour la plupart, de laboratoires internes accrédités pour la réalisation des prélèvements et analyses des paramètres du contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine.

Ce dispositif permet de surveiller constamment la qualité sanitaire bactériologique et physico-chimique de l’eau potable et d’être très réactif. En cas de problème de qualité d’eau, les consommateurs sont informés dans les plus brefs délais.

Des avancées technologiques dans le domaine de la qualité de l’eau et des milieux naturels

Grâce à l’activité « Recherche et Développement » de leurs centres d’expertise, qui mobilisent près de 1000 salariés, les entreprises de l’eau déploient de nouvelles technologies. Par exemple, la mise en place de procédés optimisés de traitement de l’eau, des nouvelles techniques d’analyses pour la recherche de micropolluants dans l’eau, le développement d’outils de suivi de la qualité biologique des milieux naturels…

Ces innovations et ce savoir-faire développés par les entreprises de l’eau sont au bénéfice des usagers, des collectivités qui ont confié le service public de l’eau aux entreprises et bien évidemment au bénéfice de la qualité de l’eau.

Que se passe-t-il en cas de dépassement d’une « valeur limite » ?

Dans le cas de dépassement des normes fixées par la réglementation, les autorités sanitaires sont immédiatement averties afin qu’elles définissent si ce dépassement implique ou non un risque pour la santé publique.

Le dépassement d’une norme de qualité ne signifie pas obligatoirement qu’il y ait un risque, car ces normes sont établies avec une marge de sécurité importante, selon le principe de précaution maximale.

En cas de dépassement d’une limite de qualité, si la consommation de l’eau ne présente pas de risque pour la population, les autorités sanitaires peuvent accorder une dérogation. S’il y a un risque pour la santé, des restrictions d’usage sont portées sur la consommation d’eau à des fins alimentaires.

En situation de crise, les entreprises de l’eau mobilisent très rapidement – de jour comme de nuit – les moyens humains et techniques dont elles disposent (experts, laboratoires d’analyses, systèmes d’information rapide vers les usagers, distribution de bouteilles d’eau à la population…).

Dans tous les cas, l’eau reste sous la surveillance et le contrôle des autorités sanitaires. Pour avoir plus d’information sur la qualité de votre eau du robinet, vous pouvez contacter votre mairie ou le service des eaux.

* Analyses réalisées en 2010 sur les services publics d’eau et d’assainissement en régie et en gestion déléguée (Source : Etude BIPE/FP2E 2011-2012)

Dans le cadre des 6èmes Rencontres parlementaires sur l’eau qui se sont tenues le 26 janvier, à l’initiative d’André Flajolet, Député du Pas-de-Calais, Coordinateur du processus parlementaire du 6ème Forum Mondial de l’Eau, Parlementaire en mission auprès de la ministre de l’Écologie Des parlementaires et des acteurs français se sont réunis pour se mobiliser face aux enjeux internationaux de l’eau

QUESTION…

à Olivier Brousse, Président de la Fédération Professionnelle des Entreprises de l’Eau

Pierre Lefèvre, journaliste :

Au-delà des aspects technologiques, quelle peut être la contribution des entreprises au droit à lʼaccès à lʼeau ?

Olivier Brousse :

Notre fédération regroupe lʼessentiel des entreprises françaises de lʼeau travaillant à lʼinternational, soit un chiffre dʼaffaires cumulé (en France et à lʼinternational) de 15 milliards dʼeuros et 150 000 emplois directs.

Les entreprises de l’eau desservent plus de 200 millions dʼhabitants de 70 pays grâce à leur présence à lʼétranger qui remonte à cinquante ans. Nous ne saurions organiser les politiques de lʼeau et nous ne sommes pas les banquiers de lʼeau, bien que certaines collectivités fassent parfois appel à nos capacités de financement.

Nous sommes des agents dʼefficacité technique, économique et sociale. Nous sommes les résultats de décennies dʼexpérience, dʼerreurs et de succès, dans le monde entier, et nous sommes aujourdʼhui en mesure de reproduire les meilleures technologies là où elles sont le mieux adaptées.

Nous ne défendons pas un mode de gestion mais le métier de lʼeau et je profite de ce débat pour rappeler que lʼÉcole française de lʼEau est encore très réputée dans le monde entier : jʼen veux pour preuve ces pays qui font appel à cette institution. Cette école est néanmoins concurrencée par des pays dont les progrès en matière de dessalement réalisent des progrès fulgurants et nous devrions saisir lʼoccasion du Forum pour redynamiser cette école à laquelle les chefs dʼÉtat font encore appel.

Le Forum Mondial de l’Eau doit être lʼoccasion de lʼexpression de la coopération public-privé dans le domaine de lʼeau, de la vigueur de nos savoir-faire et de notre capacité à les exporter.

Les entreprises de l’eau seront présentes au 6ème Forum Mondial de l’Eau :

  • avec un stand dans l’Espace France (Hall 3 – parc Chanot « Espace stands exposants »)
  • à l’occasion d’un événement parallèle à l’Espace France, le 14 mars 2012 de 10h40 à 12H : sur le thème des « Démarches partenariales pour la protection des captages ».

Ce procédé innovant, mis en œuvre par les entreprises de l’eau, consiste à récupérer les calories habituellement perdues dans les réseaux d’eaux usées et à les transformer en chaleur. Le principe est d’exploiter la différence de température entre l’air et l’eau consommée par nos douches ou nos équipements électroménagers.

Concrètement, nos eaux usées quittent les bâtiments à une température comprise entre 11 et 25°C. Grâce à un échangeur de chaleur placé dans les égouts, il est désormais possible de récupérer les précieuses calories, en utilisant un liquide dit « caloporteur ». Celui-ci se dirige ensuite vers des pompes à chaleur qui capitaliseront cette énergie afin de produire une eau d’une température supérieure à 50C, c’est-à-dire capable de chauffer nos logements.

Par exemple, l’éco-quartier de la ZAC Saint Geneviève à Nanterre vient d’annoncer que ses futurs logements, école et commerces seront chauffés grâce aux eaux usées. Un complément de chaleur est néanmoins nécessaire, avec de la géothermie sur nappe.

Cette technologie permettra ainsi l’économie de 13 500 tonnes de CO2 sur 25 ans.

La recherche et l’innovation sont des vecteurs puissants de croissance et d’emploi. Les entreprises de l’eau investissent chaque année plus de 140 millions d’euros dans le développement de nouvelles technologies, mobilisant ainsi plusieurs centaines de chercheurs et d’ingénieurs.

Ces efforts permanents permettent aux entreprises de l’eau de déposer chaque année plus de 50 nouveaux brevets, pour un total de 550 en exploitation. Par ailleurs, plus de 200 thèmes de recherche et développement sont explorés conjointement avec la recherche publique.

Derrière ces brevets apparaissent des innovations utilisées au quotidien, dont la plus connue du public est sans doute le télé-relevé, qui connaît actuellement un fort développement.

Il permet au consommateur de superviser (et d’agir sur) ses consommations domestiques quasiment en temps réel, et il offre davantage de confort puisque les abonnés ne sont plus dérangés par la relève des compteurs, cette opération se faisant à distance. A ce jour, 4 % des compteurs des foyers français sont équipés de systèmes de télé-relevé.

Mais ce sont aussi des innovations moins « visibles », comme la mise au point de nouvelles techniques d’analyses pour la recherche et l’élimination des micropolluants dans l’eau, ou encore pour contrôler dans un temps record la qualité des eaux de baignade – très utile en période estivale.

D’autres sauts technologiques très importants sont encore à souligner, comme les procédés de filtration de l’eau par membrane, le dessalement de l’eau de mer (avec une recherche notamment axée sur la réduction de la consommation énergétique), le développement de pompes à chaleur dans les réseaux d’assainissement, la réutilisation des eaux usées traitées…

Nous l’évoquions dans un billet paru fin avril : l’eau virtuelle est la quantité d’eau « cachée » derrière chacun des produits de consommation. Timm Kekeritz, designer allemand, a choisi d’illustrer les travaux de MM. Chapagain et Hoekstra intitulés Water footprints of nations.

En rendant plus digeste l’article de 47 pages des deux chercheurs, Timm Kekeritz a vu ses créations reprises par les médias : sur un site dédié, il est possible de les voir et – depuis peu – de télécharger une application iPhone permettant de calculer l’eau contenue dans tout type de produit et d’obtenir des précisions sur le sujet.

Une façon originale de faire connaître le concept de l’eau virtuelle – et plus largement de diffuser les savoirs sur l’eau-, saluée par la presse du monde entier.