Le Blog de l'Eau

Ce procédé innovant, mis en œuvre par les entreprises de l’eau, consiste à récupérer les calories habituellement perdues dans les réseaux d’eaux usées et à les transformer en chaleur. Le principe est d’exploiter la différence de température entre l’air et l’eau consommée par nos douches ou nos équipements électroménagers.

Concrètement, nos eaux usées quittent les bâtiments à une température comprise entre 11 et 25°C. Grâce à un échangeur de chaleur placé dans les égouts, il est désormais possible de récupérer les précieuses calories, en utilisant un liquide dit « caloporteur ». Celui-ci se dirige ensuite vers des pompes à chaleur qui capitaliseront cette énergie afin de produire une eau d’une température supérieure à 50C, c’est-à-dire capable de chauffer nos logements.

Par exemple, l’éco-quartier de la ZAC Saint Geneviève à Nanterre vient d’annoncer que ses futurs logements, école et commerces seront chauffés grâce aux eaux usées. Un complément de chaleur est néanmoins nécessaire, avec de la géothermie sur nappe.

Cette technologie permettra ainsi l’économie de 13 500 tonnes de CO2 sur 25 ans.

La recherche et l’innovation sont des vecteurs puissants de croissance et d’emploi. Les entreprises de l’eau investissent chaque année plus de 140 millions d’euros dans le développement de nouvelles technologies, mobilisant ainsi plusieurs centaines de chercheurs et d’ingénieurs.

Ces efforts permanents permettent aux entreprises de l’eau de déposer chaque année plus de 50 nouveaux brevets, pour un total de 550 en exploitation. Par ailleurs, plus de 200 thèmes de recherche et développement sont explorés conjointement avec la recherche publique.

Derrière ces brevets apparaissent des innovations utilisées au quotidien, dont la plus connue du public est sans doute le télé-relevé, qui connaît actuellement un fort développement.

Il permet au consommateur de superviser (et d’agir sur) ses consommations domestiques quasiment en temps réel, et il offre davantage de confort puisque les abonnés ne sont plus dérangés par la relève des compteurs, cette opération se faisant à distance. A ce jour, 4 % des compteurs des foyers français sont équipés de systèmes de télé-relevé.

Mais ce sont aussi des innovations moins « visibles », comme la mise au point de nouvelles techniques d’analyses pour la recherche et l’élimination des micropolluants dans l’eau, ou encore pour contrôler dans un temps record la qualité des eaux de baignade – très utile en période estivale.

D’autres sauts technologiques très importants sont encore à souligner, comme les procédés de filtration de l’eau par membrane, le dessalement de l’eau de mer (avec une recherche notamment axée sur la réduction de la consommation énergétique), le développement de pompes à chaleur dans les réseaux d’assainissement, la réutilisation des eaux usées traitées…

Nous l’évoquions dans un billet paru fin avril : l’eau virtuelle est la quantité d’eau « cachée » derrière chacun des produits de consommation. Timm Kekeritz, designer allemand, a choisi d’illustrer les travaux de MM. Chapagain et Hoekstra intitulés Water footprints of nations.

En rendant plus digeste l’article de 47 pages des deux chercheurs, Timm Kekeritz a vu ses créations reprises par les médias : sur un site dédié, il est possible de les voir et – depuis peu – de télécharger une application iPhone permettant de calculer l’eau contenue dans tout type de produit et d’obtenir des précisions sur le sujet.

Une façon originale de faire connaître le concept de l’eau virtuelle – et plus largement de diffuser les savoirs sur l’eau-, saluée par la presse du monde entier.