Le Blog de l'Eau

29/04/10

« L’eau virtuelle », bien plus qu’une donnée quantitative

Les Entreprises de l'eau

Inventée il y a une quinzaine d’années, l’eau virtuelle permet d’améliorer la gestion des ressources en eau à l’échelle mondiale.

Nous devons le concept de l’eau virtuelle à John Anthony Allan. Ce britannique de 71 ans, professeur au King’s College of London, a été lauréat du prix de l’eau de Stockholm en 2008 pour ses travaux sur l’eau, l’agriculture et leurs relations avec la politique et l’économie.

Alors, comment définir l’eau virtuelle ? Elle représente la quantité d’eau nécessaire à la fabrication et l’échange de biens de consommations. Pour n’importe quel produit – du blé à la viande de bœuf – il est possible d’estimer la quantité d’eau nécessaire à chaque étape de sa production. Défini dans les années 1990, le principe de l’eau virtuelle nous apprend qu’il faut 1 400 litres d’eau pour obtenir un kilo de riz, 2 700 pour un kilo d’œufs et 20 000 pour un kilo de café torréfié.

Or, l’eau virtuelle ne se contente pas de fournir des ordres de grandeur. A l’échelle d’un pays, la quantité d’eau nécessaire à la production de denrées aussi usuelles que le blé est gigantesque. Certaines régions arides de notre planète ne peuvent consacrer autant d’eau à leurs cultures ; elles privilégient donc l’importation des produits trop gourmands en eau et évitent certaines exportations.

In fine, l’eau virtuelle est en quelque sorte l’équivalent liquide de l’empreinte carbone. Elle permet de mieux appréhender à l’échelle planétaire les évolutions des consommations et des besoins en eau, ainsi que les menaces pesant sur la ressource.

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