Le Blog de l'Eau

Malgré un contexte de maîtrise des dépenses publiques et une concurrence rude sur le marché de l’eau,  l’emploi reste au cœur de la préoccupation des entreprises de l’eau qui s’efforcent de conserver de bonnes conditions de travail et d’implantation sur le territoire français, pour la meilleure performance du service public de l’eau.

Les entreprises de l’eau emploient 32 000 salariés sur le territoire français que ce soit pour la production et la distribution de l’eau, l’assainissement des eaux usées, la recherche et les contrôles qualité ou bien pour des fonctions supports de services au consommateur. Les métiers sont nombreux et font appel à une multiplicité de compétences: agents d’exploitation, techniciens, ingénieurs, fontainiers, égoutiers, chimistes, releveurs de compteurs, chargés de clientèles …

Ce sont des emplois locaux, 100% français et non délocalisables, car l’eau est un produit de terroir et un service public qui ne se transporte pas sur de longues distances. Ainsi, à l’heure où l’Etat s’interroge quant à l’obligation d’une information préalable sur leur localisation, la totalité des centres d’appel clients des entreprises de l’eau sont tous basés en France. Au total, 3500 hommes et femmes sont dédiés à la relation clientèle et au soutien de la gestion de crise, dans le cadre des missions de service public confiés par les collectivités aux entreprises de l’eau, 7 jours sur 7 et 24h sur 24. Ces emplois contribuent à l’économie locale et à la solidarité nationale : 1 emploi au sein des entreprises de l’eau génère 1,4 emploi dans l’économie en France (fournisseurs, sous-traitance, conseils …).

Ce sont des emplois pérennes. Pour garantir une gestion du service efficace,  les entreprises de l’eau maintiennent ce niveau d’emploi et ont recruté en 2012 en France de l’ordre de 3000 à 4000 personnes, dont la moitié a moins de 26 ans, et 94,2% en CDI, ce qui est élevé.

Ce sont des emplois qualifiés, et même de plus en plus, pour répondre aux besoins techniques, biologiques et technologiques croissants du service public de l’eau. A cette fin, les entreprises de l’eau consacrent chaque année 3,4% de leur masse salariale (au-dessus de la moyenne de 2,9% des services) dans la formation du personnel. Un effort soutenu est mené par les entreprises de l’eau pour le maintien des seniors, l’embauche des jeunes et l’intégration de personnes en situation de handicap. 1 500 contrats d’alternance, sont effectués chaque année par des jeunes dans les entreprises de l’eau, soit 4,6% des effectifs totaux. Ce taux est, là encore, supérieur à la moyenne des services. La prévention et la sécurité des travailleurs font également partie de leurs premières priorités. Les taux de fréquence et de gravité des accidents sont, de ce fait, 2 à 3 fois plus faibles que la moyenne nationale.

Enfin ce sont des emplois qui s’exportent : à l’étranger, le nombre de de collaborateurs des entreprises de l’eau représente plus de 93 000 salariés, presque trois fois l’effectif sur le sol français. En développant leur activité à l’international, les entreprises françaises de l’eau entraînent avec elle l’ensemble du secteur : 46 400 emplois au total ont ainsi été créés par leur activité, essentiellement dans les services.

Toutefois, aujourd’hui, la crise économique ne garantit pas  la pérennité de ce modèle économique qui a pourtant fait ses preuves et reconnu comme un modèle à l’étranger. Si le savoir-faire français en matière de gestion de l’eau reste aujourd’hui une référence, la concurrence à l’étranger affûte ses armes, telle la Corée du sud où se tiendra le prochain Forum mondial de l’eau en 2015. Les entreprises de l’eau, leaders internationaux, se mobilisent auprès des pouvoirs publics pour garantir la pérennité et l’avenir de cette filière verte locale, fleuron industriel français. Plus que jamais, l’eau a soif de toutes les compétences.

Boire un verre d’eau du robinet, un geste si simple en France. Et pourtant…
Derrière votre robinet, l’eau potable fait l’objet de tant de soins et de contrôles chaque jour !

Bien souvent, une confusion est entretenue dans l’esprit des consommateurs entre la « qualité » de l’eau de la ressource et la qualité de l’eau potable distribuée à votre robinet.

Pour devenir potable, l’eau subit des traitements appropriés et fait l’objet de contrôles sanitaires permanents. Ces contrôles répondent à des normes de potabilité extrêmement sévères, qui sont définies par le Code de la Santé Publique.

De nombreux contrôles réalisés par les Agences Régionales de Santé
et un dispositif de surveillance complémentaire par les entreprises de l’eau

Dans chaque usine et en différents points du réseau de distribution, des prélèvements réguliers sont effectués puis analysés en laboratoire. De plus, de nombreux capteurs permettent d’analyser en continu la qualité de l’eau et de déclencher automatiquement l’alerte en cas d’anomalie.

Les contrôles officiels réglementaires sont réalisés par les services du Ministère de la Santé, les Agences Régionales de Santé (ARS), qui effectuent environ, chaque année, 11 millions d’analyses* sur l’ensemble des services d’eau et d’assainissement.

Pour renforcer encore cette surveillance, 6,6 millions d’analyses complémentaires sont réalisées sur la qualité de l’eau par les entreprises, dans le cadre de leur délégation de service public. Les entreprises de l’eau sont dotées, pour la plupart, de laboratoires internes accrédités pour la réalisation des prélèvements et analyses des paramètres du contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine.

Ce dispositif permet de surveiller constamment la qualité sanitaire bactériologique et physico-chimique de l’eau potable et d’être très réactif. En cas de problème de qualité d’eau, les consommateurs sont informés dans les plus brefs délais.

Des avancées technologiques dans le domaine de la qualité de l’eau et des milieux naturels

Grâce à l’activité « Recherche et Développement » de leurs centres d’expertise, qui mobilisent près de 1000 salariés, les entreprises de l’eau déploient de nouvelles technologies. Par exemple, la mise en place de procédés optimisés de traitement de l’eau, des nouvelles techniques d’analyses pour la recherche de micropolluants dans l’eau, le développement d’outils de suivi de la qualité biologique des milieux naturels…

Ces innovations et ce savoir-faire développés par les entreprises de l’eau sont au bénéfice des usagers, des collectivités qui ont confié le service public de l’eau aux entreprises et bien évidemment au bénéfice de la qualité de l’eau.

Que se passe-t-il en cas de dépassement d’une « valeur limite » ?

Dans le cas de dépassement des normes fixées par la réglementation, les autorités sanitaires sont immédiatement averties afin qu’elles définissent si ce dépassement implique ou non un risque pour la santé publique.

Le dépassement d’une norme de qualité ne signifie pas obligatoirement qu’il y ait un risque, car ces normes sont établies avec une marge de sécurité importante, selon le principe de précaution maximale.

En cas de dépassement d’une limite de qualité, si la consommation de l’eau ne présente pas de risque pour la population, les autorités sanitaires peuvent accorder une dérogation. S’il y a un risque pour la santé, des restrictions d’usage sont portées sur la consommation d’eau à des fins alimentaires.

En situation de crise, les entreprises de l’eau mobilisent très rapidement – de jour comme de nuit – les moyens humains et techniques dont elles disposent (experts, laboratoires d’analyses, systèmes d’information rapide vers les usagers, distribution de bouteilles d’eau à la population…).

Dans tous les cas, l’eau reste sous la surveillance et le contrôle des autorités sanitaires. Pour avoir plus d’information sur la qualité de votre eau du robinet, vous pouvez contacter votre mairie ou le service des eaux.

* Analyses réalisées en 2010 sur les services publics d’eau et d’assainissement en régie et en gestion déléguée (Source : Etude BIPE/FP2E 2011-2012)

Lors du 6ème Forum Mondial de l’Eau, la Fédération Professionnelle des Entreprises de l’Eau (FP2E) et le BIPE ont publié une nouvelle étude sur les données environnementales, sociales et économiques des services publics d’eau et d’assainissement. Cette 5ème édition, qui est un véritable outil de référence et d’information, a pour objectif d’apporter des éléments chiffrés pour mieux comprendre le fonctionnement de l’activité liée au secteur de l’eau  et de l’assainissement.

Etat des ressources et qualité de l’eau potable, organisation institutionnelle et gouvernance, recherche et développement, emploi en France et à l’international, modes de financement, prix de l’eau et indicateurs de performance des services… Ces données consolidées et délivrées par le BIPE démontrent la performance des services français, qui restent publics quel que soit leur mode de gestion (la propriété des infrastructures est toujours, en France, celle des collectivités locales).

Quelques chiffres-clés, extraits de l’étude BIPE/FP2E :

L’état des ressources en eau en France

Au niveau national, les ressources en eau bénéficient d’un stock estimé à 2 000 milliards de m3 et d’une pluviométrie annuelle de 503 milliards de m3.

En 2009, 10 400 masses d’eau de surface et 500 masses d’eau souterraines ont été évaluées en France :

• 41 % de ces masses d’eau de surface sont en bon état écologique et 43 % en bon état chimique ;

• 88 % des masses d’eau souterraines sont en bon état quantitatif et 59 % en bon état chimique.

Une eau du robinet de qualité optimale et contrôlée en permanence

Les Agences régionales de santé (ARS) ont effectué plus de 11 millions d’analyses en 2010 sur l’ensemble des services publics d’eau et d’assainissement. En plus de ces contrôles, les opérateurs surveillent la qualité de l’eau tout au long du processus de production et de distribution : 6,6 millions d’analyses, au total, ont été effectuées en 2010 sur les services gérés par les entreprises de l’eau.

La qualité sanitaire de l’eau produite et distribuée, par les opérateurs dans le cadre de leur délégation de service public, indique un taux de conformité bactériologique de 99,7%  en 2010 (en hausse par rapport à 2008) et un taux de conformité de la qualité physico-chimique de 98,6%.

L’engagement des entreprises de l’eau dans l’aide aux familles en difficulté

Les entreprises de l’eau ont signé, avec les trois quarts des départements français, des conventions aux Fonds de solidarité logement (FSL), apportant une contribution financière annuelle.

Cette aide a permis la mise en place d’abandon de créances, correspondant aux factures d’eau de clients en situation de précarité. En 2010, les opérateurs ont financièrement pris en charge un montant de 2,4 millions d’euros (contre 1,7 million en 2005), avec 36 000 dossiers traités pour des familles en difficulté.

De nouvelles technologies déployées par les entreprises de l’eau, pour une bonne maîtrise de ses consommations d’eau

Sur les 15 millions de compteurs relevés par les entreprises de l’eau, près de 9% étaient équipés d’un service de télérelevé en 2010 (contre seulement 4 % en 2008) qui permet de relever les consommations à distance et de les suivre en continu. La connaissance en temps réel des consommations d’eau favorise la détection rapide d’une surconsommation ou d’une fuite.

L’investissement dans le domaine de l’eau et de l’assainissement

5,62 milliards d’euros en 2009, dont 819 millions investis par les entreprises de l’eau, dans le cadre de leur activité de délégation (+ 4% par rapport à 2008).

Ces investissements ont principalement porté sur :

• la mise à niveau des équipements existants, pour satisfaire aux réglementations ;

• la création de nouvelles installations de traitement et de dépollution ;

• l’amélioration des réseaux d’eau potable.

A ce jour, le rendement de réseau des services gérés par les entreprises de l’eau a atteint un niveau de performance global de 81%.

Les entreprises de l’eau contribuent activement au commerce extérieur français

À l’étranger, le nombre de salariés des entreprises de l’eau françaises représentait en 2010 près de trois fois l’effectif français, soit près de 93 200 employés. Au-delà de leur maîtrise des technologies innovantes, c’est leur savoir-faire en termes de gestion des services d’eau et d’assainissement que les entreprises de l’eau françaises exportent. En 2010, près de 163 millions d’habitants étaient desservis par les services d’eau potable exploités par les entreprises françaises et 112 millions de personnes étaient raccordées à des services publics d’assainissement délégués aux opérateurs privés français. Le chiffre d’affaires réalisé à l’international par les entreprises françaises spécialisées dans la distribution d’eau et l’assainissement s’est élevé à 9,4 milliards d’euros en 2010, soit presque 2 fois le chiffre d’affaires réalisé en France.

  • Pour en savoir plus.

Télécharger le rapport FP2E/BIPE 2012

Download public water supply and sanitation services in France

Dans le cadre des 6èmes Rencontres parlementaires sur l’eau qui se sont tenues le 26 janvier, à l’initiative d’André Flajolet, Député du Pas-de-Calais, Coordinateur du processus parlementaire du 6ème Forum Mondial de l’Eau, Parlementaire en mission auprès de la ministre de l’Écologie Des parlementaires et des acteurs français se sont réunis pour se mobiliser face aux enjeux internationaux de l’eau

QUESTION…

à Olivier Brousse, Président de la Fédération Professionnelle des Entreprises de l’Eau

Pierre Lefèvre, journaliste :

Au-delà des aspects technologiques, quelle peut être la contribution des entreprises au droit à lʼaccès à lʼeau ?

Olivier Brousse :

Notre fédération regroupe lʼessentiel des entreprises françaises de lʼeau travaillant à lʼinternational, soit un chiffre dʼaffaires cumulé (en France et à lʼinternational) de 15 milliards dʼeuros et 150 000 emplois directs.

Les entreprises de l’eau desservent plus de 200 millions dʼhabitants de 70 pays grâce à leur présence à lʼétranger qui remonte à cinquante ans. Nous ne saurions organiser les politiques de lʼeau et nous ne sommes pas les banquiers de lʼeau, bien que certaines collectivités fassent parfois appel à nos capacités de financement.

Nous sommes des agents dʼefficacité technique, économique et sociale. Nous sommes les résultats de décennies dʼexpérience, dʼerreurs et de succès, dans le monde entier, et nous sommes aujourdʼhui en mesure de reproduire les meilleures technologies là où elles sont le mieux adaptées.

Nous ne défendons pas un mode de gestion mais le métier de lʼeau et je profite de ce débat pour rappeler que lʼÉcole française de lʼEau est encore très réputée dans le monde entier : jʼen veux pour preuve ces pays qui font appel à cette institution. Cette école est néanmoins concurrencée par des pays dont les progrès en matière de dessalement réalisent des progrès fulgurants et nous devrions saisir lʼoccasion du Forum pour redynamiser cette école à laquelle les chefs dʼÉtat font encore appel.

Le Forum Mondial de l’Eau doit être lʼoccasion de lʼexpression de la coopération public-privé dans le domaine de lʼeau, de la vigueur de nos savoir-faire et de notre capacité à les exporter.

Les entreprises de l’eau seront présentes au 6ème Forum Mondial de l’Eau :

  • avec un stand dans l’Espace France (Hall 3 – parc Chanot « Espace stands exposants »)
  • à l’occasion d’un événement parallèle à l’Espace France, le 14 mars 2012 de 10h40 à 12H : sur le thème des « Démarches partenariales pour la protection des captages ».

Prochain rendez-vous : le « Temps des Solutions » …. au Forum Mondial de l’Eau

Organisés tous les trois ans par le Conseil Mondial de l’Eau en étroite collaboration avec les autorités des pays d’accueil, les Forums Mondiaux de l’Eau sont les plus grands rendez-vous de l’eau. (25 000 participants lors de sa dernière édition à Istanbul en 2009). « Les forums mondiaux de l’eau servent de référence en matière de politiques publiques ou de bonnes pratiques pour l’ensemble des acteurs de l’eau » (Conseil d’Etat, rapport l’eau et son droit 2010).

Du 12 au 17 mars 2012 à Marseille, le 6ème Forum Mondial de l’Eau doit faire face à l’urgence des situations. Il mettra l’accent sur l’enjeu vital du droit à l’accès à l’eau pour tous, de l’amélioration de l’assainissement et d’un meilleur usage de la ressource en eau.

L’accès à l’eau, l’évolution du climat avec une augmentation des crues et des périodes de sécheresse dans toutes les régions du globe, le stress hydrique qui touche de plus en plus les zones urbaines, la pollution de la ressource sont les principaux défis.

Pour apporter des solutions, la France occupe une place de choix en particulier parce que le modèle Français de l’eau inspire toujours d’autres pays. Depuis 45 ans avec la loi de 1964, la France dispose d’un système de gestion intégrée de la ressource par bassin qui, par son efficacité notamment en matière de dépollution, constitue un modèle. Cette réglementation a ainsi clairement inspiré la directive-cadre européenne sur l’eau de 2000.

Par ailleurs, la gestion des services au niveau local, réunissant une autorité organisatrice publique et un opérateur, public ou privé, a fait ses preuves en termes d’efficacité de gestion. La compétence française, c’est donc le rôle aussi de ses milliers d’entreprises et sous-traitants, experts dans le domaine de l’eau, qui interviennent dans une centaine de pays. Les entreprises de l’eau apportent leur technologie et leur expertise.

Face à l’urgence de l’accès à l’eau et aux enjeux de l’assainissement, il est contre-productif d’opposer le privé contre le public car la Recherche & Développement, l’innovation et le savoir-faire de tous les acteurs de l’eau sont nécessaires, aujourd’hui, pour atteindre les objectifs ambitieux mais cruciaux à l’échelle mondiale et ceux fixés par l’Europe, les autorités publiques (Grenelle de l’environnement….).

Il est incontournable que la réponse aux enjeux techniques, économiques et sociétaux de l’eau réside dans la mobilisation de tous : pouvoirs publics, entreprises, ONG….

Pour en savoir plus.

http://www.worldwaterforum6.org/fr/inscription/

Les entreprises de l’eau seront présentes au 6ème Forum Mondial de l’Eau :

  • avec un stand dans l’Espace France (Hall 3 – parc Chanot « Espace stands exposants »)
  • à l’occasion d’un événement parallèle à l’Espace France, le 14 mars 2012 de 10h40 à 12H : sur le thème des « Démarches partenariales pour la protection des captages ».